Cher journal : Une sainte et une prostituée
Le saint et la prostituée résident dans un seul corps.
Peux-tu le croire ?
En grandissant, on nous dit de fermer les jambes et de parler doucement. De ne pas être trop drôle, de ne pas rire trop fort. D'étudier nos gammes et nos pirouettes pour imiter les figures royales et les pur-sang afin de mériter une plus grande estime. D'être choisie pour tout ce que l'on a accompli, car maintenant on l'a mérité. Les femmes ont toujours été celles qui gagnent leur vie, si on y réfléchit bien. Elles gagnent des hommes dignes de leur pureté, de leur estime et de leurs accomplissements.
Elle est choisie.
Ensuite, elle choisit finalement.
Pendant tout ce temps, tout ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de quelqu’un avec qui être vulnérable.
Quelqu'un avec qui nous pouvons être suffisamment ouverts pour admettre que, même si nous sommes purs et faisons des gammes parfaites au piano, il y a intérieurement une pute.
Peut-être que la prostitution n’est pas une si mauvaise profession après tout.
Au moins c'est honnête.