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Article: Cher journal : Un fou et un saint

Cher journal : Un fou et un saint

Déesse de l'amour, de la beauté, du sexe, de la fertilité et de la prospérité et de Vénus.

Je plaisante.

Mais si je ne l'étais pas, et que je croyais vraiment que tout cela était vrai à mon sujet, comment le monde extérieur me verrait-il ? Une narcissique ? Une prostituée ? Une véritable déesse autoproclamée ? Serais-je crainte ? Méprisée ? Honteuse ? Aimée ? Exclue du cercle confortable de la civilisation et de la similitude ?

Le mot « déesse » est tellement galvaudé de nos jours. On le retrouve partout, sur les tablettes de chocolat, les cosmétiques, la littérature, les films. Nous recherchons toutes la déesse qui sommeille en nous. Nous travaillons toutes à notre plus belle apparence, à nos chants, à nos affirmations, à nos études, à notre carrière, à notre décoration intérieure, à nos postures de yoga.

Mais qu'est-ce qu'une déesse ? Une déesse a-t-elle toute sa tête ? Est-elle pure ? Est-elle une femme au foyer qui fait du bénévolat à temps partiel pour les affamés ? Ou est-elle parfois une briseuse de ménage ? Imparfaite ? Explosive ? Folle ?

Nous voulons libérer notre déesse intérieure. Nous voulons nous pavaner nues et revendiquer nos corps comme de simples réceptacles, mais, comme Vénus, nous ne pouvons nous empêcher de devenir des objets si nous n'adoptons pas une approche équilibrée de la création, de la fertilité et de l'amour, avec des traits de caractère imparfaits, parfois même maléfiques.

Les cheveux blonds flottants de Vénus et sa douce silhouette féminine suggèrent l'amour et la beauté, mais à travers sa fougue et sa liaison avec Arès, le dieu de la guerre, elle se connecte à la guerre et à la destruction et devient la déesse à laquelle les généraux de l'armée sacrifient avant les batailles.

Vénus représente véritablement le désir sous toutes ses formes, pour le meilleur comme pour le pire. Elle incarne la nature transformatrice du désir : elle est presque une déesse du « mélange ». Tout cela fait d'elle une figure qui s'occupe de la vie parfois belle, parfois funeste, avec les humains.

Je terminerai avec l'idée désagréable et sans complexe d'oser me qualifier de déesse. Peut-être comme une Vénus dans un mauvais jour, ou quelque chose comme ça.

Une déesse de la vie réelle qui bavarde, se tait, fait des choses trop grandes, laisse les choses inachevées pendant des semaines, explose, est naïve et « stupidement gentille », belle et laide, émotionnellement désordonnée, nécessiteuse et généreuse, compatissante, jugeante, aimante, haïssante et finalement toujours, toujours pardonnante et acceptant toutes mes propres polarités et dualités en tant qu'être humain.

Peut-être que la meilleure solution serait de rechercher la déesse sans l'idolâtrer comme un objet de perfection et de l'humaniser. Peut-être libérerait-on notre propre déesse en nous idolâtrant nous-mêmes avec tout ce que nous avons de laid, de brisé, de beau et de charmant.